Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a été publié mi-2008. Il définit une stratégie de défense et de Sécurité pour la France de 2009 à 2020. Ce programme est destiné à être décliné par les lois de programmation militaire successive votées par le Parlement français. A la différence des deux précédents livres blancs de 1972 et 1994, qui ne concernaient que la défense, le Livre blanc de 2008 couvre à la fois les champs de la défense et la sécurité.
Le cadre général dans lequel s’insère les systèmes d'information et de communication des armées est défini de manière univoque par le « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale ». Les trois extraits ci-dessous sont intéressants à ce titre.
« La notion de « maîtrise de l’information » recouvre la capacité, tant pour les décideurs civils et militaires, que pour les agents de l’État déployés sur le terrain, d’accéder en temps utile à l’information et en faire un usage opérationnel efficace. L’objectif est de garantir, en temps normal comme en temps de crise, que tous les acteurs de la sécurité nationale puissent partager les informations pertinentes, et que les décideurs soient en mesure de formuler et de transmettre au bon moment les ordres nécessaires.
La maîtrise de l’information repose sur quatre piliers :
– la transmission de l’information en temps utile, permettant de relier les centres de décision et d’exécution grâce à des débits suffisants ;
– l’interopérabilité des réseaux d’information, qui optimise la circulation de l’information ;
– la protection de l’information, ou sécurité des systèmes d’information, qui permet d’assurer la confidentialité, la disponibilité et l’intégrité du système et de l’information traitée ;
– la vérification de l’information, de sa fiabilité et de sa bonne circulation, ainsi que sa valorisation. »
In « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale », page 147
« Au niveau des opérations, la priorité consiste à disposer des moyens radio tactiques, à doter nos forces de réseaux à haut débit et à développer la numérisation de l’espace opérationnel. L’objectif poursuivi est d’optimiser la connaissance des situations sur le terrain et l’emploi des systèmes d’armes engagés, ainsi que l’intégration de chaque niveau dans une architecture globale et cohérente, allant des centres de situation gouvernementaux aux commandements en action.
Dans tous les cas de figure, il convient de disposer, d’une part, de réseaux de communication interopérables sécurisés (intra et interministères) et, d’autre part, de systèmes efficaces de partage et de traitement de l’information (aide à la décision, présentation de l’information, messagerie sécurisée…), réduisant les temps de traitement et renforçant le travail en réseau. Ces réseaux doivent aussi permettre les échanges avec nos principaux partenaires et alliés. »
In « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale », page 148
« La révolution de l’information voit se généraliser le concept de « guerre en réseau ». Les technologies en cours de déploiement permettent d’assurer la numérisation de l’espace opérationnel, transformant chaque combattant individuel, chaque engin, chaque avion ou bateau en « node » de communication intégré à un réseau global. L’efficacité des forces terrestres, aériennes ou maritimes en sera considérablement accrue.
La France ne peut se permettre d’être distancée dans cette évolution, tant pour dominer l’adversaire que pour rester interopérable avec ses principaux alliés. »
In « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale », page 205
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire