vendredi 27 mai 2011

Le monde qui bascule

Dans le rapport du Comité Central du Parti Communiste de l’Union Soviétique, présenté il y a une quarantaine d’année à l’occasion de son XXVème Congrès, Léonid Brejnev précisait : « Des problèmes globaux comme ceux des matières premières et de l’énergie, la protection de l’environnement, la conquête de l’espace et l’utilisation des ressources des mers et des océans sont d’une importance très actuelle. A l’avenir, ils exerceront une influence de plus en plus sensible sur la vie de chaque peuple, sur tout le système des rapports internationaux. Notre pays, comme tous les pays socialistes, est concerné par la solution de ces problèmes qui touchent les intérêts de toute l’humanité. » Quarante ans plus tard, et malgré les mutations profondes qui ont modifié le contexte international, le même constat peut être posé quant au caractère éminemment stratégique de ces « problèmes globaux ».

Les défis auxquels les espaces maritimes vont confronter, dans les décennies qui viennent, la France et ses alliés, appellent à un élargissement radical du cadre, désormais limité, de l’Arc de crise défini par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008. Il est toujours très utile, à cet égard, de décaler son regard en abandonnant une vision trop européo-centrée de la mappemonde, et d’adopter celui que les principaux acteurs de demain, la Chine notamment, portent sur les espaces maritimes et sur leurs intérêts qui s’y manifestent.
Je vous invite à jeter un coup d’œil sur ce planisphère australien, et à rechercher l’Europe : c’est la petite péninsule qui se trouve dans le coin, en bas, à droite… Le pacifique est ainsi placé au centre du monde, avec la Chine en face des Etats-Unis, et non pas, selon notre habitude séculaire, de chaque coté de la carte avec l’Europe en médiatrice. Et l’Atlantique a disparu. C’est la bascule d’un monde désormais global, multipolaire et « maritimisé », dont l’Europe sera exclu si elle n’y prend pas garde. Elle doit donc se doter d’une politique globale et maritime, à la hauteur du défi que l’histoire lui lance.

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