Ça y est. La commission Giscard a rendu ses conclusions. Le sort de l'Hôtel de Marine est en train d'être scellé. Sans celle qui en fut l'âme pendant plus de deux siècles et dont ce magnifique bâtiment était devenu la maison. C'est en 1789, en effet, que le secrétaire d'Etat à la Marine de Louis XVI s'est installé dans ce qui était encore à l'époque le Garde-meuble de la Couronne.
Ce lundi 19 septembre 2011, Valéry Giscard d'Estaing, président de la Commission sur l'Hôtel de la Marine, a présenté au Président de la République son rapport. Il recommande de choisir le Louvre comme opérateur de référence pour « valoriser » - disent-ils ! - cet hôtel particulier du 18ème siècle, l'un des plus beaux de la capitale. Il propose de faire du musée du Louvre le « partenaire privilégié de l'Etat » pour ouvrir au public certains espaces de ce monument historique.
Ce lundi 19 septembre 2011, Valéry Giscard d'Estaing, président de la Commission sur l'Hôtel de la Marine, a présenté au Président de la République son rapport. Il recommande de choisir le Louvre comme opérateur de référence pour « valoriser » - disent-ils ! - cet hôtel particulier du 18ème siècle, l'un des plus beaux de la capitale. Il propose de faire du musée du Louvre le « partenaire privilégié de l'Etat » pour ouvrir au public certains espaces de ce monument historique.
« L'Hôtel de la Marine qui est emblématique du patrimoine national doit demeurer propriété de l'Etat français et à travers lui du peuple français », précise le rapport de la commission présidée par Valéry Giscard d'Estaing. Il suggère de manière assez précise la façon dont les espaces devront être utilisés. Côté place de la Concorde, le long de la colonnade, le Louvre sera chargé de créer une « Galerie du Trésor français » notamment dans le salon qui a abrité les « joyaux de la Couronne ». Elle présentera « les fleurons des collections illustrant la civilisation et le goût français ».
L'Hôtel de la Marine l'a échappé belle. Il y a quelques mois, l'affaire était faite, pouvait-on lire dans la presse. C'est un certain Alexandre Allard, plus connu des pages people que pour sa fréquentation des espaces culturels, dont le projet tenait la corde. Détenteur d'un bail emphytéotique, il projetait de créer un ensemble hyper-luxe autour d'une salle des ventes et d'un service d'hôtellerie superlatif. Pour mémoire, ce délicieux chérubin s'est amusé, après avoir racheté le Royal Monceau avec des fonds quataris, à organiser une « demolition party » avant la réfection de l'hôtel. Le principe ? Vous recevez vos amis, vous leur remettez un casque de chantier, une coupe de champagne et une masse, et vous vous gondolez toute la nuit en bousillant tout ce qui se trouve à portée de votre outil... C'est fin et élégant. On frémit en pensant que l'Hôtel de la Marine aurait pu tomber entre de telles mains.
La Marine, quant à elle, doit déménager en 2014 ou 2015 vers le futur Pentagone à la française, à Balard, au fin fond du 15ème arrondissement. Oui, bien sûr, le Balargone sera plus ergonomique, plus fonctionnel, plus rationnel, plus opérationnel, plus, plus, plus. Mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir un vrai pincement au cœur en songeant que nous allons quitter cette maison qui aura été la notre, la mienne donc, oui la mienne, et celle de tous les marins pendant deux siècles.
Pour ma part, et à titre très personnel, je regrette vivement que cet admirable ensemble, architectural et historique, ne reste pas attaché au monde de la mer, pour incarner dans la pierre de la Capitale de la France, la vocation maritime de notre pays, si souvent négligée.
Pour ma part, et à titre très personnel, je regrette vivement que cet admirable ensemble, architectural et historique, ne reste pas attaché au monde de la mer, pour incarner dans la pierre de la Capitale de la France, la vocation maritime de notre pays, si souvent négligée.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire