Le Centre d’études supérieures de la Marine et l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire organisent, le 17 juin 2011 de 13h45 à 18h30 à l’École militaire (amphithéâtre des Vallières), un colloque sur le thème « Évolution du monde maritime et appropriation des mers, quelle stratégie pour la France ? »
Le monde maritime se transforme : l’augmentation des flux qui y transitent attise les convoitises et le partage des ressources suscite un vaste mouvement d’appropriation des sous-sols ainsi que des richesses de la colonne d’eau. Ce phénomène de « territorialisation » des océans remet en cause la liberté des mers et génère de nouveaux types de confrontation.
Le partage de nouvelles zones maritimes soumises à l’exploitation et leur surveillance, la compétition avec les Etats émergents, la lutte contre la criminalité organisée sur mer, la sécurité des flux commerciaux et des atterrages, constituent autant d’axes de réflexion pour une stratégie nationale où notre outil naval devra défendre nos intérêts : en conciliant le double impératif de la préservation des ressources et de la liberté des mers. Parce que ces enjeux sont mondiaux, cette politique devra s’inscrire dans le cadre de coopérations à renforcer ou à créer : elle dépasse donc largement le cadre de la stratégie maritime, pour être reconnue comme une part essentielle de la stratégie globale de la France.
L’exemple de la Mer de Chine est à ce titre emblématique. Pour des raisons historiques, Pékin revendique une « souveraineté incontestable » sur la plus grande partie de la Mer de Chine méridionale, et notamment sur les iles Spratly et Paracel, dont les eaux archipélagiques, revendiquées également par le Vietnam, la Malaisie ou les Philippines, pourraient recéler d’importantes réserves de pétrole et de gaz. En résumé et pour faire simple, l’argumentation des chinois est à peu près la suivante : « C’est un fait historique, cette mer nous appartient. D’ailleurs, elle s’appelle la mer de Chine, et ce n’est pas pour rien. En plus, elle est stratégique pour notre pays et son développement. Nous sommes les plus fort, elle est donc à nous et c’est comme ça. » Du reste, cette argumentation s’accompagne d’une réelle montée en puissance de sa marine. Cette remise en cause unilatérale par la Chine des dispositions adoptées dans le cadre de la convention de Montégo Bay de 1982 pourrait être dramatique pour la stabilité du monde. Si la communauté internationale accédait à cette revendication illégitime de Pékin, les fondations du droit de la mer pourrait être ébranlées. De multiples revendications à travers le monde, de nature identique, n’attendent que ce prétexte pour s’exprimer au risque de générer de nombreuses occasions de conflit, en Arctique ou en Méditerranée par exemple.
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